Les doigts croches

doigts croches  - affiche

Montréal, 1960 – Pour perpétrer le « vol du siècle », Charles recrute de vieux copains d’enfance du quartier malfamé du « faubourg à m’lasse », de la rue Panet de Montréal, des petits malfrats sans envergure avec qui il avait fait les 400 coups . Le soir du vol, la police rapplique…

Rapidement ils doivent procéder au plan B : ils se feront prendre, mais un des gars se sauvera avec le magot. Charles avait initialement prévu que ce serait lui qui partirai avec l’argent, mais les autres en ont décidé autrement et il se retrouve en prison.

Après avoir purgé quatre ans, les vieux “copains” se retrouvent à la frontière franco-espagnole pour récolter le butin que l’un d’entre eux a caché. Malheureusement, la collecte est plus compliquée que prévu. Pour récupérer l’argent, les cinq complices devront marcher les 839 kilomètres du pèlerinage de Compostelle et, plus important encore, les escrocs devront avoir changé à leur arrivée à destination. Désireux de retrouver leur dû, Charles, Donald, Conrad, Eddy et Isidore tenteront de détourner leurs instincts véreux et parcourront le territoire espagnol en quête d’une nouvelle vie, plus honnête.

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Que ce soient les acteurs ou le réalisateur, je ne connaissais personne – à l’exception d’Aure Atika. Je n’ai donc pas repère en ce qui concerne chacun d’entre eux quand à leur prestation respective. Roy Dupuis, qui d’après ce que j’ai pu lire est l’acteur vedette, ne semble pas bien à l’aise ou en tout cas ne me parait être à sa place dans ce film.

Sinon c’est un film amusant, qui manque sans doute un peu, non pas d’action, mais de tonus. Mon problème majeur est de savoir ce qu’a voulu faire le réalisateur. Une comédie plutôt burlesque, un film divertissant alors dans ce cas je crois qu’il a échoué, même si l’on rit souvent tout au long du film. On ressent un manque d’audace dans ce film, bien souvent l’on reste sur sa faim avec des blagues prévisibles et des longueurs à n’en plus finir.

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Par contre s’il a voulu faire un pastiche de road movie à l’américaine, une parodie des films où les personnages sont sur le chemin de la rédemption ou mènent une quête plus ou moins initiatique, alors je dois dire que dans ce cas c’est une vrai réussite. Mais j’ai de gros doutes à ce sujet, je n’ai pas du tout l’impression que c’était le but du réalisateur.

En prenant cette vision du film et en oubliant l’aspect comédie, là oui c’est un film burlesque, plein de sous entendus, d’impressions de déjà vu qui sont autant de pastiche de films à grand spectacle.

Bon gré mal gré chacun s’engage sur le chemin. Tentant de croire à cette rédemption, ou tentant de faire croire qu’il y croit. Des ratés sur le chemin de la rédemption qui ne pensent et ne tentent que de « s’ammancher » les uns les autres. Lutte entre le bien et le mal, où le Bien triomphe toujours, mais quel “Bien”, le bien-être de chacun ou la moralité. Simulacre, moquerie, parodie voilà comment je vois ce film.

« Écoute le chemin. » C’est leur leitmotiv. Le chemin qui finit par les réduire au silence, si insupportable que l’un d’eux n’a plus qu’un mot à la bouche « Dites quelque chose ! ». Il me permettra d’ailleurs d’apprendre encore un autre mot après le verbe “ammancher” : “bizoune”. Car face à ce silence il finit par décrire ce qu’il fait pour tenter de briser l’angoisse qui le ronge dans ce silence oppressant, notamment quand il annonce « Je sors ma bizoune… je secoue ma bizoune…».
Plus tard, toujours à l’écoute du chemin, comme pour se convaincre, ils se mettent à chanter “Ton amour a changé ma vie” des Classels. Un refrain qui devient vite un peu irritant et qui reste bien longtemps en tête!

En résumé je crois qu’il y a deux niveaux pour voir ce film, que ce soit le choix du réalisateur ou non, qu’importe en définitive. Le but étant de se faire plaisir, si possible, quand l’on visionne un film. En le prenant pour une parodie, un pastiche on passe alors un très bon moment. Si l’on s’en tient à l’aspect comédie, alors on reste sur sa faim.

Réalisateur : Ken Scott
Les personnages :
Charles Favreau le beau (Roy Dupuis) 
Donald Quintal l’air nigaud (Patrice Robitaille) 
Conrad Côté l’excité (Claude Legault) 
Eddy Papini l’obsédé (Paolo Noël) 
Isodore Dubois le grincheux (Jean-Pierre Bergeron)
Sortie au Québec en août 2009
En France : … prochainement … ??

6 Commentaires
  1. 20 décembre 2009
  2. 20 décembre 2009
  3. 28 décembre 2009
  4. 28 décembre 2009
  5. 29 décembre 2009
  6. 29 décembre 2009

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