Dunkerque, un Carnaval hors du commun – II

Le carnaval de Dunkerque a repris il y a déjà huit jours et hier je vous disais quelques mots sur l’historique de cette période « à part » dans la vie des Dunkerquois. Aujourd’hui entrons un peu dans la « technique » avec quelques explications. Bandes, bals, masques, tambour major, cohue, harengs, chapelle, et autres déguisements.

Deux éléments principaux, les Bals et la Bande

Les Bals :

Les carnavaleux se retrouvent la nuit, dans les grandes salles de l’agglomération le plus souvent au Kursaal, sur la digue de Malo-les-Bains ou à la Poudrière à Leffrinckoucke, mais ils existent aussi d’autres lieux. On y fait la fête en mêlant chansons carnavalesques et variété.

Chaque bal est organisé par une association caritative, les corsaires Dunkerquois, les acharnés, les bringuenaeres, les quat’z’arts , les creut’ches, les kakernesches, les Zotes, les neuches cô, les creules cô, et encore beaucoup d’autres.

La Bande :

C’est un ensemble de personnes déguisées, les carnavaleux, qui vont défiler dans les rues derrière la musique avec à leur tête le tambour major.

Il y a de nombreuses Bandes, Armbouts-Cappel, Bierne, Bray-Dunes, Basse-ville, Bergues, Bourbourg, Brouckerque, Citadelle, Coudekerque-Branche, Cappelle-la-Grande, Cassel, Dunkerque, Drincham, Esquelbecq,Fort-Mardyck, Ghyvelde, Grand-Fort-Philippe, Grande-Synthe, Hoymille, Killem, Leffrinckoucke, Loon-Plage, Malo-Les-Bains, Petite-Synthe, Pitgam, Rosendaël, Rexpoëde, Saint-Pol-sur-Mer, Teteghem, Zuydcoote.

Sur le site de masquelour.com on peut retrouver les lieux et dates des rassemblements.

Le Tambour-major

Même si cela ressemble à un vrai bordel, l’organisation est précise. Tout est régi par le tambour-major qui dirige la musique, choisit le parcours et l’endroit des chahuts, ainsi que les arrêts de la bande.
Le Tambour-major est donc en tête, suivi de la musique composée de musiciens vêtus du ciré et du suroît jaune des pêcheurs, puis à distance les carnavaleux.
Dans un premiers temps les tambours battent le rappel et les masquelours aux maquillages bariolés se prennent bras dessus bras dessous pour former des lignes. Le premier rang est très convoité, mais il faut être costaud car c’est à lui à protéger les musiciens de la cohue.

Puis sur ordre du tambour-major, tambours et fifres entament le rigodon d’honneur qui servait de rassemblement aux soldats de l’Empire. La foule dense saute en cadence, et commence à pousser sur les premiers rangs.

Le Tambour-majour demande alors que cesse le rigodon, puis les fifres reprennent des airs traditionnels de marche et le cortège se met en marche. Poussées, cohues, chants et cris sont alors à l’honneur et pendant quelques heures la Bande parcoure la ville ou le quartier. Ces chahuts sont déconseillés aux âmes prudes et sensibles.

Si chaque quartier de la ville dispose de son tambour-major, tous sont revêtus du même costume de grognard napoléonien (volumineux colback, redingote bleue à boutons dorés ornée d’imposants galons, pantalon blanc et guêtres assorties).
Son origine n’est pas précisément connu. Le premier dont la tradition se souvienne serait « Pintje Bier » vers 1850. Depuis 1870 sont restés dans les mémoires Co-Genièvre, Co-Gnac, Co-Pinard, Co-Schnick, Co-Trois-Six, Co-Schlok, le célèbre Co-Pinard II.
Parmi les 19 actuels, son plus connu « Co-Schlock II » à Dunkerque, « Goliath IV » à Malo-les-Bains et « Snustre II » à Petite- Synthe.
Traditionnellement, son nom commence par Cô, le diminutif de François, suivi de son alcool favori.
Le tambour major est toujours accompagné de sa cantinière.

Bande des pêcheurs – avec Cognac le Tambour Major – 1912

Cô Schlock de Dunkerque et sa cantinière Jocelyne

Les chapelles

Pendant les bandes, certains habitants ouvrent leurs portes aux carnavaleux qu’ils connaissent, et offrent bière, soupe à l’oignon, harengs, poddingue et potschevleeshe, le tout en musique évidemment.
L’entrée dans une chapelle se fait sur invitation, et souvent il faut connaître un mot de passe. L’invitation est généralement faite en fonction de la réputation du carnavaleux qui doit être respectueux, fêtard et toujours prêt à chanter.

Clet’che ou Klet’che – le déguisement

Pas de carnaval sans déguisement. Si à l’origine il était constitué de tissus de récuparation, aujourd’hui ils sont beaucoup plus sophistiqué avec deux impératifs, la dérision et la solidité. Le costume et plus coloré, il conserve 2 qualités : l’esprit de dérision et la solidité. Chaque masquelour est fier de son costume et le conserve le plus longtemps possible.

Pour les hommes deux grandes tendances, le travestissement en femmes avec perruques, résilles, chapeaux à fleurs, maquillages … ou alors devenir un « zoulou », maquillage noir, vêtements noirs et pagne de paille.
Certains ont aussi un petit parapluie avec un grand manche, qui souvent représente leur clan. L’origine pourrait être un manière de se moquer des Berguois (habitants de Bergues) qui venaient au carnaval avec leur parapluie)

Jet de hareng

Lors de la bande de Dunkerque, les carnavaleux s’arrêtent toujours devant l’hôtel de ville où le maire et son conseil municipal lancent des harengs fumés. Ces jets depuis l’hôtel de ville sont très fréquents dans le Nord-Pas de Calais et en Belgique, j’en avait déjà dit quelques mots dans le billet Berlouffes, hurlus, nieulles, … , que ceux soit des louches, des chats, des craquelins etc …
A Bergues c’est du fromage qui est jeté aux carnavaleux de la Bande de Bergues.

Sur le site de la ville de Dunkerque vous retrouverez toutes les informations utiles, notamment la date des différents bals et les préceptes à respecter.

Pour terminer quelques vidéos


Carnaval de Dunkerque 2008 : la bande des Pêcheurs
envoyé par lavoixdunord. – Découvrez des vidéos faites entre amis ou en famille.

 


4 Commentaires
  1. 13 février 2011
  2. 14 février 2011
  3. 15 février 2011
  4. 15 février 2011

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