Histoire du Salon d’ambre

L’autre jour je vous parlais du roman de Matilde Asensi « Le salon d’ambre », si mon opinion sur ce polar était nuancé, il m’a permis de connaître le mystère du salon d’ambre. Désirant en savoir plus, en voici donc en quelques lignes son histoire.

Le Salon d’ambre – ou la Chambre d’ambre – également connue sous l’appellation de huitième merveille du monde, était une pièce entièrement recouverte de lambris sculptés dans de l’ambre authentique, de mosaïques florentines incrustées de pierres précieuses, d’or et de miroirs réalisé par Andreas Schluter, sculpteur baroque allemand, et trois maîtres de la marqueterie d’ambre, Gottfried Wolffram, Ernst Schacht et Gottfried Turau. Réalisé pour le roi de Prusse, initialement destinée au château de Charlottenbourg, il fut offert en 1716 par Frédéric-Guillaume Ier (1688-1740) au tsar Pierre Le Grand de Russie (1672-1725). Il fut installé à Saint-Pétersbourg au Palais Catherine – à Taskoïe Selo -, par l’architecte Rastrelli entre 1751 et 1756. Les quatre grands panneaux de mosaïque représentaient les cinq sens (l’odorat et le toucher étaient sur le même panneau). Mais il y avait aussi des meubles et divers objets pour un total de 6 tonnes d’ambre.

Le Salon d'Ambre original - unique photo couleur

 

Longtemps l’ambre fut une matière mystérieuse. Pierre légère comme la mousse, flottant parfois sur l’écume des vagues, translucide au parfum suave et inflamable, on le trouvait beaucoup le long de la Baltique et il était appelé «L’or de la Baltique».
Sperme de baleines, larmes de déesses mythologiques solidifiées par les rayons solaires, l’homme s’est posé beaucoup de question quand à son origine. Aujourd’hui plus de mystère, l’ambre jaune est de la résine solidifiée provenant de forêts de conifères disparues il y a quelque cinquante millions d’années.
Si on en trouve en quantité dans la région de Danzig et de Kaliningrad, il coûte cher, jusqu’à 1 € le gramme et quand on sait qu’il est très léger…

Durant la seconde guerre mondiale lorsque les Allemands ont occupé et saccagé Tsarskoïe Selo, ils démontèrent le salon et transfèrent l’ensemble de l’ambre dans 27 caisses dans l’ancien château des rois de Prusse à Koenigsberg le 14 octobre 1941 sous le commandement d’un capitaine de cavalerie, le comte Solms-Laubach. Mais l’ensemble est portée disparue depuis 1945. Seuls deux éléments de décoration de la chambre ont été retrouvés en Allemagne en 1997 et restitués à la Russie. Nombreux sont ceux qui depuis 1945 se sont lancés à la recherche de ce trésor. Le château de Koenigsberg gravement endommagé pendant la guerre, a été rasé en 1968 par Brejnev et seule une partie des structures souterraines a été épargnée.

Une copie de ce salon fut inaugurée le 31 mai 2003, dans le cadre du 300e anniversaire de la ville de Saint-Pétersbourg, par Vladimir Poutine et le chancelier allemand Gerhard Schröder accompagnée de sa femme Doris Schröder-Köpf.

Reconstitution du Salon d'Ambre

 

Commencée à la fin des années 70, la reconstitution a été réalisée au château de Tsarskoïe Selo à St Petersbourg en s’inspirant essentiellement de photos en noir et blanc de l’original et de l’unique photo en couleur disponible. Des problèmes de financement interrompirent celle-ci, mais pu être achevée suite à un don de 3,5 millions de dollars de l’entreprise allemande Ruhrgas AG.

La reconstruction à l’identique par les soviétiques de ce salon ne fut pas chose facile. Il fallu dans un premier temps commencer par former des artisans à la sculpture de l’ambre, et c’est une trentaine de spécialistes qui y travaillèrent.

Mais les recherches de l’original se poursuit toujours, ainsi en 2010 des chercheurs russes auraient découvert de nouveaux éléments soutenant la théorie selon laquelle le fameux Salon d’ambre du château de Koenigsberg démonté par les nazis serait peut-être encore enseveli sous une des fortifications de la ville détruite pendant la Seconde Guerre mondiale.

C’est l’inscription « trésor d’ambre » sur une petite tablette trouvée dans des pièces souterraines du château de Koenigsberg qui laisserait à penser que le salon pourrait toujours être enseveli dans des pièces non encore dégagées. La tablette aurait été perdue lors d’un déménagement des caisses dans le sous-sol du château. Affaire à suivre …


6 Commentaires
  1. 28 mars 2011
  2. 28 mars 2011
  3. 28 mars 2011
  4. 28 mars 2011
  5. 29 mars 2011
  6. 29 mars 2011

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