Le carnet de la mathématicienne – Michelle Richmond

Vingt ans après l’assassinat non élucidé de sa soeur Lila une jeune et brillante mathématicienne, Ellie Enderlin se trouve face à celui qu’un livre à succès avait désigné comme étant le meurtrier, Peter McConnell. Longtemps elle l’avait suivi sans tenter quoique ce soit, puis il disparut ; avant de réapparaître dans ce bouis-bouis pommé d’un village du Nicaragua où elle se restaure.

Ils sont les deux seuls clients et cette surprenante rencontre ainsi que le carnet que va discrètement lui remettre Peter vont remettre en question toutes les croyances sur ce qu’elle croyait être la vérité. Vérité qui en fait était la fiction d’Andrew Thorpe, son professeur, qui a profité de la confiance et des confidences d’Ellie pour écrire un roman qui va le propulser dans le milieu littéraire et surtout lui faire quitter l’enseignement qu’il abomine.

Les questions s’accumulent pour Ellie. Qui était ce Peter ? Qui était cette sœur dont elle était si proche mais qu’elle ne connaissait que si peu ? Et surtout qui l’a tué et pourquoi. Elle commence alors un enquête où tout comme sa sœur quand elle butait sur un problème, Ellie va tenter d’envisager tous les éléments sous un autre angle pour tenter de découvrir la vérité « vraie ».

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Critique :

Ce thriller qui oscille entre roman et polar est bien plus qu’une simple traque à l’assassin, d’autant qu’il n’y a pas de traque véritable. C’est aussi un texte de réflexion sur le pouvoir des histoires et le rôle des auteurs, notamment quand ils se basent sur des faits réels, qui sans preuves deviennent des sortes d’accusateurs public.

Au travers du ressenti et des souvenirs d’Ellie sur la vie avec Lila, on explore les sentiments qui peuvent unir deux sœurs l’amour et l’amitié, ainsi que ceux d’Ellie suite au drame, la mémoire, le deuil et la culpabilité. Ellie qui semble vivre entre parenthèses, rongé par la mélancolie. Cette sensation est renforcée par les lieux où se déroule l’action. Si nous sommes sur la côte Ouest des États-Unis, c’est plus sous les brumes de San Francisco que sous le soleil californien.

J’ai bien aimé ce texte, cette écriture fluide où l’action avance sans heurts, sans réel drame si ce n’est la terrible fin de Lila, et sans longueur. J’ai presque envie d’écrire un « thriller reposant » mais cela pourrait donner un impression négative qui serait fausse.

Le texte est agrémenté de divers infos sur les mathématiques et ses diverses énigmes à résoudre, passion de Lila, sans que cela soit rébarbatif, n’ayez pas peur on ne demande pas au lecteur de résoudre des équations à 12 inconnus. Parallèlement Ellie nous offre moults dégustations de divers café dont elle est spécialiste et chasseuse de grands crus.

Par contre il faut quand même bien reconnaître que la police semble bien nulle de ne pas avoir trouvé le coupable alors qu’Ellie le débusque, nonpas en deux coups de cuillères à pot, mais presque !

Biographie de l’auteur

Michelle RICHMOND, seconde de trois sœur et née à Mobile dans l’Alabama, et vit à San Francisco avec son mari et son fils. Elle enseigne les technique d’écriture dans divers institutions et universités, notamment à celle de San Francisco. Elle dirige le journal littéraire en ligne Fiction Attic et membre du conseil exécutif de l’Authors Guild.

Elle est l’auteur de recueils de nouvelles La fille dans la robe de l’automne – Away (2001) et Hum (2014), et de romans Rêve de la chambre bleue (2003), L’Année du brouillard (2007) et Le carnet de la mathématicienne – (No One You Know – 2008). Un nouveau roman vient de paraitre en février 2014 chez Bantam : Golden State (non encore traduit).

Le carnet de la mathématicienne (No One You Know) a été traduit de l’américain par Sophie Aslanides pour Buchet-Chastel en 2012.

www.michellerichmond.com

Quatrième de couverture

Quand Ellie Enderlin retrouve Peter McConnell dans un café d’un village perdu du Nicaragua, cela fait vingt ans qu’elle n’a pas croisé son chemin. À l’époque, elle était jeune étudiante et sa sœur aînée Lila, brillante mathématicienne, venait d’être assassinée. Sa famille était effondrée et la police ne parvenait pas à mettre la main sur le meurtrier. Profitant du chagrin d’Ellie, Andrew Thorpe, son professeur de littérature, avait alors recueilli ses confidences et mené sa propre enquête. Il en avait tiré un livre le consacrant comme auteur à succès dans lequel il désignait Peter McConnell, l’amant de Lila, lui aussi mathématicien, comme l’auteur du crime. Pendant toutes ces années, Ellie en est restée convaincue… 
Sa rencontre avec Peter McConnell et le carnet de sa sœur qu’il lui remet vont ébranler ses certitudes et la pousser à reprendre les recherches. Sur quelles preuves véritables reposait le scénario si bien ficelé d’Andrew Thorpe ? La vérité est-elle seulement le résultat d’évidences ? Connaît-on vraiment ceux qui nous sont proches ? Autant de questions auxquelles va être confrontée Ellie et qui vont l’amener à faire de surprenantes découvertes…

4 Commentaires
  1. 24 mars 2014
  2. 24 mars 2014
  3. 24 mars 2014
    • 24 mars 2014

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